Interview : Worakls | DJMAG France - Suisse - Belgique

De retour en formation orchestrale avec l’ambitieux single ‘Hiba’, Worakls s’apprête à vivre une année chargée tant du côté du studio que de la scène. Le Français nous donne un avant-goût de ce qui nous attend… 

 

Pilier de la scène techno mélodique française, Worakls a su mettre à profit sa formation classique pour donner à ses productions une dimension orchestrale et renforcer la singularité de son projet. Un virage qui verra naître le sobrement intitulé ‘Orchestra’ en 2019, dans lequel il fait s’entrechoquer machines et instrumentations classiques dans une épopée musicale à la croisée de la techno et des bandes-originales épiques du cinéma hollywoodien. Un pari fou, à l’heure où la musique de club domine la scène électronique, mais qui s'avère payant : le public suit le français dans l’aventure et se presse pour l’écouter en live dans certaines des plus belles salles de France, de l’Olympia au Zénith de Paris.  En ce début d’année, Worakls rempile avec un nouveau titre orchestral plus ambitieux que jamais, ’Hiba’, sur lequel il convie une chanteuse lyrique de renommée internationale : Sophie Pondjiclis. Un single qui paraît sur son propre label, Sonate, et qui donne le coup d’envoi d’une année qui s’annonce particulièrement riche pour Worakls, avec une salve de nouveaux titres et une tournée européenne qui fera escale dans plusieurs zéniths de France. Interview. 

Tu sors aujourd’hui ton nouveau single, ‘Hiba’. Comment est né ce titre ? 

J’ai commencé ce morceau en 2019, à la fin de ma première tournée avec l’orchestre. C’est un mélange de plein de sentiments, on était à la croisée de plein de choses. On venait de finir la tournée en faisant des zéniths, chose que je ne m’attendais pas à faire un jour dans ma vie, et en même temps il y avait la sensation que quelque chose se terminait. ‘Hiba’ est né de mon interrogation sur ce qui allait être la prochaine étape après ce moment intense sur le plan sentimental et éprouvant pour le physique. J’ai voulu exprimer ce sentiment tout au long du morceau. 

Sur ce single, tu t’affranchis complètement du côté « club » de ta musique. Il n’y a pas de kick, le titre est une progression qui évoque une forme de récit, avec un début, un milieu et une fin. 

J’ai cette double casquette de producteur électro et de compositeur orchestral, et si j’essaye généralement de joindre ces deux facettes, le curseur peut parfois pencher d’un côté plus que de l’autre. Sur ‘Hiba’, il y a cette montée orchestrale qui termine en électro, et c’est un format que je n’avais encore jamais exploré. J’adore expérimenter et sortir de ma zone de confort, et j’essaye de m’affranchir de plus en plus des codes, tant au niveau des sons que, dans ce cas, de la structure. Ça ne veut pas pour autant dire qu’il s’agit d’une nouvelle direction dans mon projet, j’ai simplement voulu tenter ça sur ce morceau et y aller à fond. 

Tu invites la chanteuse lyrique Sophie Pondjiclis à poser sa voix sur le titre. C’est un peu le choc de deux univers, comment s’est passée votre collaboration ? 

On a été mis en contact par l’un des musiciens de mon orchestre. Elle avait envie d’expérimenter, de travailler avec un musicien hors de son cadre habituel. Elle a une magnifique expérience et c’était très sympa de sentir son envie d’expérimenter, de pouvoir écrire les paroles ensemble et de voir à quel point elle s’amusait à travailler d’une manière qu’elle ne connaissait pas. C’est une jolie histoire, et j’espère qu’elle viendra en tournée avec nous. On verra ! Ça reste dans la continuité de ce que j’essaye de faire, créer des passerelles entre les univers des musiques classiques et électroniques. 

Hiba’ est mis en valeur par un clip particulièrement réussi, où la chorégraphie vient ajouter une nouvelle dimension à ta musique. Tu peux nous en dire plus sur cet aspect visuel ? 

On doit ce clip au réalisateur Guillaume Caramelle, dont j’avais déjà mis en musique des courts-métrages et qui est devenu un ami. Je n’y connais rien en clips mais j’avais envie de m’y essayer, et je préférais que ce soit avec un ami. L’autre personne qui m’a accompagné est la danseuse Manon Bouquet, que j’adore et à qui j’ai demandé de créer une chorégraphie et d’inviter ses amis danseurs. J’adore le résultat. J’ai été là en simple consultant, je n’ai pas voulu interférer car je respecte tellement leur expertise dans leur domaine respectif que je voulais que le clip soit totalement empreint de leur créativité. 


"Le format avec orchestre est, de mon point de vue, le meilleur pour donner vie à ma musique. Tout simplement parce qu’elle est pensée pour ça !"


Maintenant que le single est sorti, quels sont tes prochains projets ? 

Je vais sortir pas mal de nouveaux morceaux tout au long de l’année. Certains seront dans cette veine, très orchestraux, d’autres se rapprochent de ce que j’ai pu faire sur l’album ‘Orchestra’, un mélange entre les machines et ce côté orchestral. J’ai aussi eu envie de revenir vers des morceaux très électro, après tout ce travail instrumental tant dans le cadre de mon projet que des bandes sons que j’ai réalisées. Il y a un peu de tout ! Je me suis aussi essayé à un côté plus pop et chanté sur un titre, tout en gardant bien évidemment ma patte.

Comment vas-tu partager ton temps entre ton show orchestral et tes sets plus clubs ? 

Je reviens des Etats-Unis et je vais y retourner pas mal cette année car c’est un territoire que j’ai envie de développer. Je n’y repars pas de zéro mais c’est un nouveau départ, ils n’ont pas les mêmes modes, les mêmes codes, c’est une sorte de marché parallèle, même si ça se rapproche de plus en plus de l’Europe. A côté, j’ai vraiment très hâte de rejouer avec l’orchestre parce que c’est ce qui me passionne, c’est ce vers quoi je veux tendre. Même si j’adore jouer dans des clubs, c’est devenu une petite routine. Créer un show de toute pièce avec un jeu de lumières et une scénographie, c’est un peu comme écrire un livre ou tourner un film, tu présentes quelque chose dont tu as peaufiné chaque détail. De plus, le format avec orchestre est, de mon point de vue, le meilleur pour donner vie à ma musique. Tout simplement parce qu’elle est pensée pour ça ! Malheureusement le format n’est évidemment pas aussi mobile que quand je suis seul avec mon contrôleur et mon ordinateur.

Entre ta précédente tournée orchestrale et celle qui t’attend en septembre avec plusieurs dates en Europe dont une flopée de zéniths, sais-tu déjà comment tu comptes faire évoluer ton live ? 

Oui et non. Ce qui est sûr, c’est que je suis très perfectionniste et que la chose qui m’a le plus frustré lors de la dernière tournée c’est que sur un tel show, quand tu as envie de changer la moindre virgule, c’est très compliqué. Tout est tellement synchronisé entre les lumières, les musiciens, chaque détail est tellement peaufiné, que même si c’est un live, tu ne peux pas le faire bouger. Même s’il y a des petits moments où on laisse une part de liberté, le gros du show doit rester fixe, sinon l’orchestre serait perdu. Quand tu écris un live pendant plusieurs mois et que tu commences à le jouer, tous les défauts qui se révèlent pendant les premiers shows sont inamovibles, sinon il faudrait refaire les lumières, les partitions pour 20 personnes… Ça demande un travail colossal, à la différence de mes dates en solo où je peux tout changer rapidement depuis mon ordinateur. Avec mon nouveau show, je vais pouvoir reprendre ce qui a fonctionné lors de la tournée précédente et consolider ça avec de nouvelles idées tout en enlevant celles qui étaient plus faibles. 

Worakls Orchestra repart en tournée ! Infos et billets sur : https://sonaterecords.com/

 

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