Interview : Afrojack nous dévoile les dessous de sa collaboration avec David Guetta sur ‘Hero’ | DJMAG France - Suisse - Belgique

Son nouveau single ‘Hero’, son amitié avec David Guetta, sa prestation à l’Eurovision le 22 mai, et où lui envoyer vos démos si vous êtes un jeune producteur : Afrojack nous dit tout.

Afrojack dévoile aujourd’hui ‘Hero’, sa nouvelle collaboration avec David Guetta. Le 22 mai, c’est ce titre que le Hollandais jouera lors de l’entracte de l’Eurovision lors d’une performance grandiose faisant de lui le premier DJ de l’histoire à occuper cette place. Le numéro 7 du Top100DJs nous dit tout sur les dessous de ce single et sur sa prestation très attendue lors du plus grand concours musical d’Europe…

Comment a débuté ta collaboration avec David Guetta sur ‘Hero’ ?

J’étais à Los Angeles avec Stargate et ils m’ont joué l’acappella, écrit par Ryan Tedder et Jamie Scott, avec la voix d’Ellie Goulding. Ça m’a vraiment donné l’impression d’une vibe à la ‘Titanium’. Ils m’ont laissé travailler dessus, j’ai montré ça à David et il a entendu la même chose que moi. On a fini par terminer le titre ensemble. Quand David et moi travaillons ensemble, ce n’est pas comme si c’était quelque chose de « spécial ». Nous sommes meilleurs amis, donc on se parle tout le temps, on s’échange de la musique en permanence. Ce titre n’était qu’un parmi d’autres, et on s’est tous les deux dit que c’était énorme. Vous voyez comment peut être David, c’est quelqu’un de très enthousiaste... Tout cela s’est fait très facilement.

Comment le titre est-il devenu celui que tu vas jouer à l’Eurovision le 22 mai prochain ?

L’Eurovision était déjà prévu, et je voulais faire quelque chose de spécial, pas seulement jouer l’un de mes hits. Je voulais présenter quelque chose de nouveau. Je leur ai proposé de construire le show autour d’un nouveau titre et ils ont accepté. On va donc avoir un public de 250 millions de personnes qui vont entendre le morceau pour la première fois en même temps… Peut-être que tout le monde va le détester, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, mais au moins on va pouvoir le présenter au monde entier en direct, ce qui est une opportunité incroyable, comme je n’en ai jamais eu.

Hero’ porte un message fédérateur, évoquant le héro qui sommeille en chacun de nous. C’est une thématique choisie spécialement pour correspondre à un événement de l’ampleur de l’Eurovision ?

Pas du tout, les paroles étaient déjà écrites quand nous avons commencé à travailler dessus ! C'est une incroyable coïncidence que tout cela s'aligne avec tant d’évidence.

 L’Eurovision est une grosse machine où rien n’est laissé au hasard. En tant qu’artiste, dois-tu suivre un stricte cahier des charges ?

Tout est planifié. Je ne vais même pas vraiment faire de DJing pendant le show. Je te le dis car la plupart des gens n’en ont pas conscience, mais quand tu vois un DJ jouer à la télévision, 99% du temps il ne fait rien, tout est timecodé. Tout est lancé en régie, pour synchroniser la musique avec les feux d’artifices, les danseurs, les chanteurs… A la télé, ils ne veulent pas prendre le risque d’une erreur. Si je me plante dans mon mix et que ça décale les effets, il peut y avoir des accidents, et personne ne veut ça. Ce que j'avais l'habitude de faire, parce que je voulais qu'on ait vraiment l’impression que je joue, c’est faire le mix pour l’émission, et ensuite le découper en trois parties que je jouais en live sans être connecté à la table de mixage de l’émission. Je le jouais donc en live en essayant de suivre le mix global, sans que personne n’entende vraiment ce que je faisais. C’était juste pour la sensation. Quand tu fais une émission, tu dois faire du show, ça n'a rien à voir avec du DJing. Tu n'es qu’un producteur qui promeut sa musique.

Sachant que tu ne joueras pas vraiment, comment prépares-tu ton passage à l’Eurovision ?

Avec une équipe ! On travaille avec un grand orchestre de 50 musiciens, des chorégraphes, des chanteurs… J’ai fourni le mix, et le reste consiste à préparer tout ce qui viendra autour. C’est un peu comme réaliser un petit film. Encore une fois quand tu vois un DJ dans ce genre d’événement, il ne joue pas vraiment. Je me rappelle avoir vu Calvin Harris aux Brit Awards, et il tournait les potards d’une grosse Moog Station, ça avait l’air cool mais on n'entendait rien ! Quand je fais Tomorrowland ou Creamfields, je dois faire une vraie performance de DJ, être préparé mentalement, pouvoir passer d’un style à l’autre en un instant. Ça fait un an et demi que je n’ai pas joué, donc quand je vais faire Creamfields en août, si je commence en jouant trop EDM, parce que c’était ce que je faisais il y a deux ans, que j’essaye un titre techno et que les gens deviennent fous, alors c’est ce que je vais jouer le reste du set. C’est ce que tu dois faire en tant que DJ, improviser, t’adapter. Quand tu fais une émission, il n’y a pas la place pour ça.

Tu seras le premier DJ à jouer lors de l’entracte de l’Eurovision. Y vois-tu l’opportunité de démocratiser un peu plus la musique électronique, ou penses-tu que ce travail n’est plus nécessaire aujourd’hui ?

Bien sûr, il y a toujours des gens qui ne comprennent pas la dance music, mais je suis sûr que la majorité du grand public sait que la musique électronique n’est pas juste des gens dans une pièce sombre avec des lasers qui écoutent la même boucle en continu. On n’est plus en 2005 ! Tout le monde a entendu parler de David Guetta ou de Calvin Harris. Le challenge pour moi sera de traduire la dance music à 250 millions de gens qui aiment la variété. Il y aura surement des fans de musique électronique dans le lot, mais la plupart ne le seront pas. Il faut que je leur montre quelque chose qu’ils vont comprendre.

Tu nous disais en début d’interview échanger de la musique en permanence avec David Guetta. Peut-on espérer un jour vous voir collaborer sur un projet commun comme il le fait avec Morten ?

Ça pourrait ! Nous sommes très bons amis donc ça pourrait arriver, mais nous n’en avons jamais vraiment parlé. La chose la plus importante que je voudrais dire au sujet de David et de notre amitié, c’est qu’il m’a signé en 2009 quand je n’avais jamais fait de chanson, seulement des titres de club. Il m’a appris les accords, les structures, les mélodies. C’est comme ça que j’ai pu faire ‘Take Over Control’, 'Give me Everything’ et d’autres choses. J’étais signé chez lui, pas en tant que label mais en tant qu’artiste, donc il m’a aidé à faire ma place dans cette industrie. Souvent dans ce milieu, on voit des artistes ne plus jamais parler à leur manager parce qu’ils ont eu des différents. Dans mon cas, on est resté meilleurs amis et on a eu de beaux succès. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à développer des artistes, en signant des gens comme R3HAB ou Quintino, qui ont maintenant des carrières énormes. On a aussi signé Chico Rose, qui est maintenant demandé partout en Europe. C’est quelque chose que j'ai appris de David : il y a de la place pour des collaborations fructueuses tant du côté du business que de l’amitié. C’est là-dessus que je me concentre, pas sur le fait de devenir le DJ numéro 1 dans le monde. J’essaye de créer une plateforme pour les nouveaux talents. J’ai la chance d’avoir une grande communauté sur les réseaux, et je veux m'en servir pour les jeunes artistes. Pour moi c’est bien plus fun que d’essayer de faire grossir toujours plus mon propre projet. Si de jeunes artistes nous lisent, ils peuvent d'ailleurs m'envoyer des démos à demo@wallrecordings.com !

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