Focus : Abrahaam | DJMAG France - Suisse - Belgique

Son nom ne vous dit peut-être rien mais sa musique est déjà entrée dans votre foyer grâce à une publicité diffusée en boucle sur nos TV. Le producteur français Abrahaam enfonce le clou avec le remix d'un titre de Lady Gaga...

En un peu moins de deux ans, Abrahaam s'affirme comme l'un des talents électro créatifs les plus en vogue de notre scène tricolore. Si bien qu'il est aujourd'hui amené à collaborer avec Lady Gaga pour les faveurs d'un écran publicitaire d'une très célèbre marque de champagne. De l'anonymat à l'élite, Abrahaam rayonne de mille feux et nous annonce au passage la sortie de son prochain maxi sur son label de coeur, Belles Choses Musique...


Je vois plutôt ma musique comme un don à l'autre. Je ne la fais pas pour me mettre en avant mais pour mettre en avant celle ou celui qui l'écoute.


Il y a toujours quelque chose de grandiloquent dans ta musique. Les cuivres sur ‘Iconoclast’, les voix d’opéra sur ton prochain track ‘Genesis’. D’où te vient cette idée de "grandeur" ?

Je crois que ma passion si profonde de la musique vient de ce qu'elle a comme capacité de transmission et de réveil des émotions, de quelque chose d'intérieur. Depuis tout petit, j'écoute de la musique dans les grands moments de ma vie pour m'aider à accomplir des choses, me remonter le moral ou me motiver à aller plus loin. Du coup, la musique que je compose, je la puise au plus profond de moi, je veux toucher le fin fond de l’être et le réveiller à ce qu’il a de plus grand : lui-même. Je suis très attaché au spirituel - pas à la religion, au spirituel commun à tous les êtres - et je trouve important de redonner à chacun sa valeur universelle. Tout est possible dans la vie, ne te réduit pas, on est tous des héros en potentiel !

Comment est-ce que tu as réagi quand tu as pris connaissance de cette opportunité de remix pour Lady Gaga ?

C'était assez incroyable ! J'étais en vacances en Corse l'été dernier avec ma femme. Ça faisait un bon moment qu'on n'avait pas pris de repos et je découvrais l'île pour la première fois quand je reçois un SMS mystérieux qui me demande si je suis partant pour faire un remix de "LG"... C'était l'agence TBWA / Else qui avait découvert mon travail grâce à la synchro de mon titre Iconoclast sur la publicité Citroën DS3 Crossback. Quelques minutes plus tard, j'avais Olivier Lefebvre, Head of Music de l'agence, au téléphone qui me demande si je peux faire un remix façon Abrahaam de Free Woman de Lady Gaga pour la prochaine campagne Dom Pérignon. Bien sûr, j'ai dit oui tout de suite et le lendemain je prenais l'avion pour rentrer au studio et commencer à bosser ! Mais je n'étais pas tout seul sur le coup, nous étions plusieurs artistes à proposer une version. Quand on m'a annoncé que Dom Pérignon avait accroché à ma vision du morceau, j'étais vraiment honoré.

En l’espace de deux ans, malgré une communication volontairement mystique autour de ton personnage, tu te retrouves ainsi sollicité par l’élite (groupe LVMH, star de la musique, marques…). N’est-ce pas paradoxal ?

Tout a commencé grâce au GUM Club - pôle d'éditions de jeunes artistes dédié à la synchro chez qui est signé mon titre Iconoclast - et cette synchro avec DS Automobiles. C'était complètement inattendu et ça m'a apporté une certaine visibilité auprès du public mais aussi auprès des marques et des agences. J'ai pris mon temps ensuite pour bien peaufiner l'univers de mon prochain EP. Je ne voulais pas me presser, je voulais pousser plus loin cette énergie qui avait déjà plu sur Iconoclast. J'étais justement en plein dans ce projet quand l'opportunité du remix de Lady Gaga est tombée et ça m'a permis d'en faire un bel aperçu de mon univers. En parallèle, c'est vrai que je ne suis pas dans l'ultra communication, dans une volonté de "starification". Je vois plutôt ma musique comme un don à l'autre. Je ne la fais pas pour me mettre en avant mais pour mettre en avant celle ou celui qui l'écoute, lui laisser la place de l'interpréter selon ses besoins, qu'elle soit à son image. Abrahaam, ça vient de là aussi. C'est mon 2e prénom mais ça représente aussi une forme d'universalité, un pont au delà des cultures, des nations, des croyances... Un symbole d'union. Sur scène, j'aime pouvoir me défaire facilement des machines pour aller danser avec les gens, ensemble ! C'est peut-être aussi ça qui plaît aux marques. Cette émotion que j'essaie de faire passer qui va parler à chacun personnellement. Surtout en ce moment, je crois que ça peut faire du bien de se rappeler qu'on est beaucoup plus que ce à quoi on a l'impression d'être réduit. Rien ne nous est impossible !

On est tous des héros en potentiel !

Songes-tu déjà à décliner ton identité artistique au format album ?

Pour l'instant, j'aime beaucoup le format EP. C'est un peu comme un laboratoire pour moi. Ça me permet d'expérimenter des univers, des directions, qui sont toujours Abrahaam mais dans différentes teintes, différents reflets d'une même identité. Bien sûr, avec ma team Belles Choses Musique, on a l'album en objectif idéal mais on prend notre temps, on y va étape par étape. Là, le gros projet, c'est vraiment le prochain EP. J'y ai mis tout mon coeur et impliqué une bonne partie de mon entourage pour construire un objet artistique court mais assez profond à mon sens. J'ai hâte de voir ce que ça va donner ! 

© Eymeric Pierre-Louis

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