Space 92, le nouveau fleuron Techno français | DJMAG France - Suisse - Belgique

En l'espace de quelques mois seulement, le DJ-producteur français Space 92 a réussi à s'envoler vers les plus hautes sphères de la scène Techno internationale, décrochant même le titre honorifique du plus gros vendeur de 2020 sur Beatport...

Space 92 est devenu en 2020 le plus gros vendeur sur Beatport dans la catégorie "Techno Peak Time", devant des pointures comme Charlotte de Witte et Umek. Une vraie performance qui a démarré au moment du premier confinement avec un remix pour Twins Project. Depuis, le Français enchaîne les torpilles Techno et fait mouche à chaque fois, non seulement sur Beatport mais aussi sur les plateformes de streaming, où il affiche des statistiques à rendre jaloux beaucoup de producteurs "mainstream". Grâce à sa Techno puissante et sophistiquée, Space 92 joue désormais dans la cour des grands, avec des tracks courtisés par la crème des labels du genre. Ce vendredi, il sera ainsi à l'affiche de Filth on Acid, avec un nouveau maxi de 3 titres déjà mis sur orbite par Reinier Zonneveld himself. Interview !


En France, la Techno se fragilise...


Quelle a été ta première grosse claque en matière de Techno, ton influence majeure ?

Un set de DJ Tonio en After quand je commençais à sortir en club dans le sud de la France. Je devais avoir 15 ans. C’était un set très énergique, j’ai de suite accroché. Quant à mon influence majeure… Probablement Stephan Bodzin pour ses mélodies ainsi que Tale Of Us, UMEK et tout un background de tracks techno allemande linéaire.

Il t’a fallu combien de temps avant de trouver ta propre identité sonore en studio ?

Une douzaine d'années ! Je me suis beaucoup cherché dans le passé, en me restreignant pas mal aux labels. Je voulais absolument coller le plus fidèlement possible pour avoir mes chances de signer. De ce fait, je n’ai pas pu vraiment construire ma propre identité pendant un certain temps ; je me suis assez remis en question. Mais depuis que j'ai monté mon projet Space 92, tout est très fluide et les idées viennent naturellement avec la conviction de vouloir suivre uniquement mon imagination et le son auquel je crois au plus profond de moi-même. C’est comme cela que j’ai pu me construire mon identité sonore et trouver ma voie ainsi que mon style.

Pour beaucoup, 2020 a été une année cauchemardesque, mais de ton côté, tu es devenu le plus gros vendeur français de Techno sur Beatport. Comment analyses-tu ce succès resplendissant ?

Tout a démarré avec le remix que j’ai pu faire pour le duo hongrois Twins Project. C’était pour le titre 'Bass In Your Face' qui est sorti juste avant le premier confinement. Sur ce remix, j’ai osé des choses, je m’étais plus affirmé au niveau de mes sonorités par rapport à mes titres précédents ; je voulais prendre des risques, sortir des sentiers battus. Et là, le confinement a démarré, les DJ sets en streaming se sont multipliés et le morceau a commencé à monter dans les charts Beatport puis est devenu n°1 une dizaine de jours après. Le monde entier était confiné, de ce fait les gens étaient très connectés aux réseaux sociaux et j’ai pu profiter quelque part de ce moment pour faire parler de moi. À partir de là, tout s’est enchaîné.

Tout s’est passé très vite, en l’espace de quelques sorties, qu’est-ce qui a fait la différence ?

J’ai été dans un premier temps très surpris du résultat ; je ne m’attendais pas du tout à me retrouver en tête du classement. Je me suis remis en studio et j’ai commencé à créer de nouveaux titres avec toujours la conviction de vouloir affirmer mon style et de me démarquer des autres artistes. J’ai réussi à additionner deux autres numéros 1 avec 'Planet X' en collaboration avec le duo espagnol The Yellowheads et l’un de mes derniers tracks, 'Phobos' (sur mon label Perfekt Groove Recordings) qui est dans le top 10 Beatport Techno depuis plus de 150 jours maintenant.

Tu as du coup des statistiques assez folles en matière de streaming, pensais-tu un jour que la Techno générerait autant d’intérêt en dehors des teufs et du circuit club ?

Effectivement, je reste encore stupéfait des statistiques streaming que je peux avoir notamment sur Spotify. Je savais que certains classiques Techno pouvaient accumuler des dizaines de millions de streams mais je ne pensais pas pouvoir - en très peu de temps - cumuler autant de streams avec ma propre musique. Il faut dire que l’équipe éditoriale de Spotify y est pour quelque chose ; en effet ils m’ont mis en avant sur la playlist Techno Bunker à plusieurs reprises en 2020, ce qui m'a permis d’être découvert par le plus grand nombre. J’ai la sensation que la techno s’ouvre de plus en plus notamment grâce aux plateformes de streaming.

Le monde entier était confiné, de ce fait les gens étaient très connectés aux réseaux sociaux et j’ai pu profiter quelque part de ce moment pour faire parler de moi.

Tu sors ton nouvel EP sur le label de Zonneveld. Comptes-tu t’inscrire dans cette vague un peu revival acid-techno ?

Pour mon nouvel EP, j’ai encore une fois composé avec ce que j’ai au plus plus profond de moi sans me fixer à tout prix l’objectif d’atteindre un label spécifique. Il se trouve que pour cet EP, j’avais envie de proposer quelque chose de plus agressif notamment avec des sonorités très distordues couplées avec de la mélodie. Après avoir finalisé l’EP, j’ai de suite voulu envoyer çà à Reinier Zonneveld car l’idée était en raccord avec l’univers Filth On Acid. Je vais continuer à expérimenter dans cette voie et voir où cela me mène pour mes prochains tracks.

Quel état des lieux fais-tu sur la scène Techno de notre pays ? Comment expliquer, par exemple, que des profils comme le tien, qui explosent à l’international, semblent être quelque peu ignorés des réseaux déjà établis ?

Effectivement, un profil comme le mien est beaucoup plus demandé en Allemagne, dans les pays de l’Est ou encore en Amérique du sud. En France, malheureusement suite à la fermeture de nombreux clubs renommés, la Techno se fragilise. Nous ne possédons pas assez, à mon humble avis, de structure spécialisée dans ce style. Cependant, je reste ravi de voir qu’il y a de gros festivals en France qui produisent des scènes Techno afin de développer le mouvement et faire découvrir ce genre au plus grand nombre.

La techno s’ouvre de plus en plus grâce aux plateformes de streaming.

Comment abordes-tu 2021, avec quelles ambitions ?

L’année 2021 risque d’être encore une année difficile pour les artistes mais il faut garder espoir et une certaine « positive attitude » afin d’anticiper la suite car tout va s’arranger un jour ou l’autre. J’aborde 2021 avec de nombreuses sorties de prévues notamment avec la sortie d’un second EP sur Filth On Acid, une collaboration avec l’italien T78 ou encore un remix pour POPOF et une sortie sur son label Form. Je garde donc le cap sur ce que je me suis fixé, à savoir continuer dans le même élan que l’année 2020 : proposer du contenu régulièrement pour divertir au maximum ma communauté avec l’espoir de me produire et partager avec le public le plus vite possible.

Space 92 - Atlas EP (Filth on Acid) disponible le 5/02 sur Beatport & Spotify.

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