Retro 2020 : RETROVISION | DJMAG France - Suisse - Belgique

La marche en avant du jeune producteur français Retrovision est assez impressionnante d'une année à l'autre. Classé parmi les producteurs les plus playlistés, épaulé par Don Diablo, Retrovision a encore franchi un cap, malgré le contexte 2020...

Avec plus de 60 millions de streams à son compteur Spotify en 2020, Retrovision s'affirme comme l'un des producteurs français les plus écoutés dans le monde. Classé 6ème producteur le plus playlisté dans le monde selon 1001tracklists, le jeune Français a connu une belle année 2020, avec la mise en ligne de son premier clip vidéo, plusieurs sorties sur le label Hexagon de Don Diablo et le lancement de son propre label Time Machine... 


Je pense continuer les live-streams même après le Covid...


Le confinement t'a-t-il donné envie de changer des choses dans ta vie d’artiste ?

Oui complètement, j'ai d'abord essayé d'apprendre à produire de nouveaux styles de musique bien différents les uns des autres (pop music, en particulier)

En as-tu profité pour ressortir les archives de vinyles ou replonger dans les classiques ?

Je n'ai pas encore de collection de vinyles mais j'ai passé pas mal d'heures à chercher de belles pépites sur le web !

Si oui, cite-nous quelques titres que tu as pris plaisir à redécouvrir :

Darryl Pandy - Feel It

Kyle Watson - My Level

Quel artiste (tous genres confondus) t'a le plus touché au cours de l’année 2020 ?

Sûrement le français Tony Romera avec son "Loverus" que j'ai écouté un bon paquet de fois dans ma voiture ! 

Et s’il n’y avait qu’un gros coup de cœur à mettre en avant cette année, ce serait lequel ?

Je pense à Tollef avec son titre "You", un titre que j'ai pu signer sur mon propre label TIME MACHINE ! Le titre est vraiment beau, il joue lui-même ses guitares et sa patte personnelle se ressent bien sur ce morceau.

Côté studio, as-tu été plus productif qu’à l’habitude ou bien fais-tu partie de ceux qui ont plus ou moins tout stoppé par faute de motivation, par exemple ?

Je pensais avoir chômé mais au final j'ai été plus que productif, je pense avoir autour de 50 titres de "prêts à sortir", on a d'ailleurs dû s'appeler avec mon équipe de management pour en parler car il va falloir sélectionner ce qui sortira du reste.

Je pense que quand les événements reprendront, tout reviendra à la normale et on oubliera vite cette année horrible.

Comment as-tu entretenu le lien avec tes fans pendant cette longue période ?

Au départ, c'était assez étrange, j'étais un peu perdu comme tout le monde, mais peu après, on m'a sollicité pour démarrer une chaîne Twitch qui a alors vraiment bien fonctionné dès le début ! Il y a habituellement entre 80 et 100 personnes dessus, on fait de la production musicale en direct, des challenges avec les abonnés, un peu de gaming aussi et du blabla !

Les live-streams sont-ils un outil convaincant pour toi, en tant qu’artiste ?

À 100% ! Cela permet de rester connectés avec les fans et de pouvoir directement échanger avec eux, à la manière d'une émission TV interactive, ce qui rend chaque moment unique et spécial à chacun.

Penses-tu qu’ils sont à même de s'inscrire durablement comme un rendez-vous indispensable entre un artiste et les fans ?

Je le pense, mais pas pour tout le monde. Peu d'artistes ont le temps de pouvoir faire ces émissions en direct, d'autres n'en ont pas l'envie non plus. Pour ma part, je pense continuer les live-streams même après le Covid, mais rendre la chose un peu plus spéciale en faisant par exemple des live-streams dans les backstages de festivals ou à travers le monde quand l'opportunité se présentera.

La motivation principale d'un artiste, c'est de pouvoir se produire en show et jouer sa musique devant un public.

Privé de shows pendant déjà 9 mois, sur une échelle de 1 à 10, quel est ton niveau de manque ?

1000000 ! C'est vraiment dur car c'est aussi la motivation principale d'un artiste : pouvoir se produire en show et jouer sa musique devant un public. Un an pile avant d'écrire ces lignes, j'étais en pleine tournée au Japon avec des clubs pleins à craquer, c'était comme un rêve.

Comment et quand imagines-tu ta première performance en public post-covid ?

J'espère avant l'été, logiquement ! Plusieurs festivals du printemps dernier se sont reportés au printemps 2021, donc je croise les doigts. Avec l'arrivée d'un vaccin et les multiples confinements, il n'y a pas de raison pour que nous restions encore bloqués dans la même situation pendant beaucoup plus longtemps. Les gens ont besoin de s'amuser et je pense que quand les événements reprendront, tout reviendra à la normale et on oubliera vite cette année horrible, car on a tous besoin de passer à autre chose. On a pu le voir l'été dernier quand nous avions eu un peu plus de leste, les gens se sont vite remis à vivre normalement, j'ai donc bon espoir pour tout ça !

 Les clubs sont tout autant des lieux de culture que pourrait l'être un musée ou un cinéma.

Sortir de la musique « club » quand la danse et les sorties sont interdites, est-ce que ça avait un intérêt ?

Carrément ! Il y a encore un bon public qui aime la musique club et il ne faut pas perdre cette culture qui nous est chère, il n'y a pas de raison que tout ceci disparaisse à cause d'un simple virus.

Les clubs ont été parmi les victimes les plus durement touchées par cette crise, avec un débat de fond qui a rejailli : les clubs sont-ils des lieux de culture ?

Absolument, les clubs sont tout autant des lieux de culture, de rencontre, d'épanouissement social et de découverte artistique que pourrait l'être un musée ou un cinéma.

En tant que DJ-producteur, as-tu le sentiment de contribuer à une culture ?

Je l'espère ! J'essaie au maximum de faire des titres très musicaux et mélodiques tout en restant dans le monde de la musique électronique, je pense qu'il y a trop peu de reconnaissance pour ce monde-ci en France à travers les différents médias.

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