Interview : Boston Bun | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le DJ et producteur français sort aujourd’hui la première compilation de son label Circa’99.

DJ, producteur et désormais patron de label. Après avoir fait ses classes chez Ed Banger, Boston Bun lançait en 2017 son propre label Circa’99. Pensée à l’origine pour accompagner la sortie de son titre ‘Missing You’, la structure a évolué au fil du temps pour devenir la maison d’artistes tels Flaurese, Samaran ou David Spinelli. Avec déjà treize sorties au compteur, le label passe désormais à une nouvelle étape et présente aujourd’hui sa toute première compilation. L’occasion de réunir tous les talents de l’écurie Circa’99 autour d’un projet porté par l’amour des dancefloors et de la musique de club. Boston Bun nous en dit plus sur cette compilation et revient pour nous sur la jeune histoire de Circa’99.

Comment est né le projet d'une compilation Circa'99 ?

En fait avec ma team on s’est rendu compte qu'on avait passé trois ans la tête dans le guidon, à enchainer les sorties, les soirées, les collabs etc… Quand le COVID a commencé à annuler à peu près tout ce qui se passait dans la monde, on a eu plus de temps pour réfléchir sur ce qu’on avait accompli ces dernières années et on s’est dit que ce serait peut-être le moment de mettre ça sur vinyle et de prendre le temps de raconter l’histoire du label pour ceux qui ne savent pas encore.

Quelle a été la ligne directrice dans le choix des morceaux qui composent la compilation ?

L’émotion et la club culture. Je veux que chaque morceau touche une émotion particulière tout en gardant les pieds dans un club. C’est difficile à décrire mais je suis très attaché à ce moment où tu es dans un club et le temps n’existe plus, la musique est parfaite, tes amis sont là, tu sais que tu es en train de vivre quelque chose qui, à ce moment-là, est unique dans le monde. C’est exactement ce sentiment qui me fait faire de la musique tous les jours.

Justement, comment se sent-on à sortir un nouveau projet dans cette période si particulière et avec l'impossibilité de la jouer face à un public ?

C’est extrêmement délicat. J’ai vraiment besoin de tester mes morceaux sur un public, de les ajuster en fonction de la réaction du public, du sound-system du club etc. J’ai l’impression d’avancer un peu à l’aveugle. Du coup je me fie à mon expérience. Ça fait huit ans que je joue dans des clubs tous les week-ends maintenant, il est temps de mettre cette expérience à profit !

Tu le disais en introduction, la compilation sort également en vinyle. C'est important pour toi de continuer à proposer un format physique et tout particulièrement un 'bel objet' ?

Si c’est important je ne sais pas, en tout cas j’en ressens le besoin. J’adore le digital et j’en suis un fervent défenseur. La seule chose qui me manque dans le digital c’est qu’on ne peut pas l’offrir. La musique se partage mais surtout elle s’offre. C’est comme ça que j’ai découvert des courants musicaux que je n’aurai jamais découvert sans qu’un jour on m’offre le CD ou le vinyle de tel ou tel groupe.

Circa'99 a désormais trois ans. Quel a été le déclic pour te lancer dans la création de ton propre label ?

Je venais de finir mon morceau ‘Missing You’ et je voulais le sortir au plus vite. J’ai fait écouter a des labels autour de moi mais tous avaient leur agenda surchargé et on me proposait une release après l’été, ce qui était impossible pour moi. Je voulais que les gens puissent passer un été avec ce track dans leurs playlists. Du coup j’ai créé mon label en une semaine et j’ai sorti ‘Missing You’.

Est-ce qu'il a été facile pour toi de t'émanciper de l'étiquette Ed Banger pour créer ton propre univers avec Circa'99 ?

Ça a été très dur, mais je ne m’en plains pas. Ed Banger m’a tout appris, je considère Pedro comme un grand frère et Ed Banger comme l’usine à gaz qui m’a fabriqué. Circa est quelque chose de plus personnel, plus intime.

Comment arrives-tu à jongler entre tes casquettes de DJ et producteur, et cette nouvelle casquette de patron de label ?

Je ne vais pas mentir, j’ai une team incroyable. Sans eux, 24h dans une journée ne suffirait pas et ils me permettent de pousser mes limites toujours un peu plus.

Comment choisis-tu les artistes qui composent Circa’99 ?

Ma sélection est uniquement basée sur la musique. Je reçois beaucoup de démos mais aussi je démarche beaucoup les artistes en direct. Juste pour leur montrer ce qu’est Circa ’99, qu’on existe, et que s’ils sentent qu’ils ont un track ou un EP qui pourrait coller, on sera là pour eux. J’ai reçu des messages d’amour de certains de nos artistes nous disant à quel point ils sont heureux d’une release et ça c’est vraiment un sentiment de « mission accompli », ça fait plaisir à entendre.

Est-ce que tu te sens à l'aise avec ce nouveau rôle de chef de bande ?

Je ne me sens absolument pas chef de bande. Comme je l’ai dit, on est une vraie team derrière Circa ’99 et je veux vraiment que ça soit plus que « le label de Boston Bun ». De plus, je fais tout ce que je peux pour mettre un artiste en avant au moment de sa sortie parce que je crois en sa musique. Je ne suis pas sûr que l’étiquette de « chef » fasse sens.

Quelle est la suite pour toi et pour le label ?

Je finis mon premier album, qui sortira évidemment sur Circa ’99. On compte évidement garder ce rythme de sorties, On sort un nouveau track de Logo, un de mes duos de producteur préféré qui avaient mis une pause à leur carrière. Leur retour s’annonce hyper chaud et leur track est une tuerie. Ça arrivera en décembre.

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