Covid-19 : Joachim Garraud interpelle Gabriel Attal sur Fun Radio (video) | DJMAG France - Suisse - Belgique

Ce mercredi 4 novembre 2020, dans l'émission Lovin Fun diffusée sur Fun Radio, Joachim Garraud a interpellé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal au sujet de la gestion de crise Covid-19...

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a joué le jeu des questions-réponses ce mercredi soir avec les auditeurs de Fun Radio, avant de se retrouver en liaison avec un interlocteur bien connu des amateurs d'électro, Joachim Garraud...

Ce dernier, très mobilisé depuis le mois de mars en tant qu'artiste et organisateur du festival Elektrik Park, a souhaité interpeller directement le ministre au sujet de la gestion de crise Covid19 dans le milieu de la nuit. Il a rappelé à quel point le monde de la nuit, les DJs et les acteurs du clubbing souffraient depuis le mois de mars, pointant du doigt le fait que les discothèques étaient l'un des rares secteurs d'activité ayant été empêché de toute reprise d'activité, même partielle... Il a aussi employé à plusieurs reprises le mot de "mort" pour illustrer la gravité de la situation. 

Il s'est surtout étonné de constater que la France ne considérait pas les DJs comme des acteurs à part entière du spectacle vivant et que les clubs-discothèques n'étaient pas rattachés au ministère de la culture, contrairement à ce qui se fait notamment en Allemagne. Surpris, le porte-parole du gouvernement a reconnu que la question était pertinente et s'est engagé à la faire remonter auprès de ses collègues du gouvernement. 

En dehors d'une reconnaissance qui semble plus que légitime, l'enjeu est de pouvoir faire bénéficier aux clubs, discothèques et DJs d'une part du montant très généreux des aides financières exceptionnelles dont bénéficie l'ensemble du monde culturel "institutionnel" (théâtres, opéras, cinémas, salles de concert...) depuis le début de la crise.

Après tout, les clubs et discothèques contribuant fortement aux redevances SACEM tout au long de l'année, ne serait-il pas juste que ces lieux de diffusion musicale soient considérés comme des relais essentiels du monde culturel en France ? 

Fin Octobre, Laurent Garnier s'était lui aussi fendu d'une lettre ouverte à la ministre de la culture, se définissant comme un acteur du "spectacle mort" et regrettant que les protagonistes du monde de la nuit, du deejaying et des musiques électroniques, étaient systématiquement mis sur la touche lors des discours officiels de la ministre, écartés de fait des dispositifs pilotés par le ministère de la culture à travers ses antennes et organismes (CNM, DRAC...). 

Cette crise du Covid-19 en France semble faire émerger une prise de conscience générale quant à la faible assimilation des musiques électroniques et de ses lieux de diffusion dans notre pays, alors même qu'on sait d'ores et déjà que près des 3/4 des établissements ne parviendront pas à surmonter cette crise du fait de la prolongation indéterminée de leur cessation d'activité. A défaut de sauver économiquement chaque établissement, il est donc urgent que les musiques électroniques, les DJs et les clubs dans leur ensemble soient enfin reconnus et traités comme des lieux culturels et non plus seulement comme des lieux de divertissement, d'émancipation et de mixité sociale. 

L'appellation Club Culture est apparue il y a plus de 40 ans dans l'histoire de la musique. Il serait temps, en France, que le monde de la culture fasse un effort intellectuel. Ce serait, en cette année tragique, un lot de consolation plus que bienvenu !

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