Qui est Siege, la pépite tech-house venue de Belgique ? | DJMAG France - Suisse - Belgique

Petit protégé du label Toolroom, sur lequel viennent de paraître ses singles ‘Circles’ et ‘Don’t Stop’, Siege s’impose comme l’un des producteurs belges à suivre de très près.

Le 18 octobre dernier, l’A’Dam Tower d’Amsterdam bouillonne. En plein ADE, Beatport y organise un événement particulièrement attendu, retransmis en direct sur les réseaux. Si Mark Knight et Jack Back, alias techno de David Guetta, sont les stars de la soirée, c’est au jeune Siege que revient la lourde tâche de clôturer la fête. Bien que beaucoup d’internautes le découvrent ce soir là, le producteur belge n’est pourtant pas un nouveau venu sur la scène tech-house.

Après s’être cherché du côté de l’EDM au début des années 2010, il se déporte peu à peu vers un son plus underground, puisant ses racines tant du côté de la techno que de la house. Jusqu’à attirer l’attention d’Azuli, branche de Defected Records, qui sort son titre ‘Crunk’ en 2015. « À cette période j’avais l’impression de suivre la hype musicale, et ça ne me rendait pas heureux. J’ai eu l’idée de sampler un vocal de Mary J.Blige pour faire un beat dans un esprit UK House, en ajoutant un piano et un break. J’étais content du résultat, je l’ai envoyé à Defected et ils ont aimé. J’étais heureux car j’avais fait quelque chose que j’aimais et qui, même si c'était contre les tendances du moment, a quand même marché. Je me suis dit à partir de ce moment que je ne ferais que la musique que j’aime, et de voir où ça m’amènerait ».

Ce premier succès permet à Siege de s’affirmer, et d’affiner sa patte. Au fil des sorties, il développe un son mettant à honneur tant l’héritage de Détroit que de Chicago, mêlant les voix scandées et le groove de la house à une techno aride. « Quand je fais de la musique je n’écoute que mon instinct. Mais j’aime beaucoup de choses, du disco à la techno. Des fois ce côté ressortira plus, parfois ce sera des sons plus house. Je n’aime pas penser aux etiquettes, c’est ce qui rend ma musique variée », nous confie t-il. « Ces jours-ci, tout le monde est un DJ, tout le monde peut sortir sa musique, donc tu te dois de te démarquer en trouvant ton propre son ».

Rapidement, Siege trouve refuge chez la prestigieuse écurie britannique Toolroom, avec laquelle il enchaîne les sorties : ‘Capsoul’, ‘Only 1’, ‘Consciousness’… Le producteur gagne en assurance et en renommée, et voit désormais ses titres joués par les plus grands noms de la scène techno, de Carl Cox à Adam Beyer. « C’est un peu surréaliste. Ça me rend très fier, évidemment. Quand tu fais quelque chose, tu doutes, tu vois les petites erreurs, tu penses que ce n’est pas assez bon. Mais quand Carl Cox ou Adam Beyer jouent ton morceau, tu te dis que tu as fait quelque chose de bon ». Les pontes ont beau passer ses titres, Siege reste le meilleur embassadeur de sa musique, qu’il défend sur un territoire plus large chaque année, d’Ibiza à Miami. Sans oublier son pays natal, qui lui ouvre grand les bras et l’accueille régulièrement dans ses enceintes les plus prestigieuses : Labyrinth Club, Fuse ou encore Tomorrowland, où il fut programmé en 2018. Un juste retour pour cet enfant du pays, qui ne renie pas l’héritage de la scène électronique belge : «En grandissant, j’écoutais la musique de mes parents, des choses plutôt classiques. Mais la musique électronique était quelque chose d’assez populaire en Belgique, et ça m’a forcément influencé. J’ai fait un morceau qui s’appelle ‘Kengo’ et qui puise dans les sons belges old-school . Après, je n’essaye pas spécialement de chercher ces sonorités».

Le vent dans le dos, Siege entame 2020 avec deux nouvelles sorties de choix sur Toolroom : ‘Circles’, aux côtés du pillier de la house de Chicago Gene Farris, et le tranchant ‘Don’t Stop’, dans une veine très club. De très bon augure pour la suite de la carrière de Siege, qu'on espère voir marcher dans les pas de ses compatriotes Amélie Lens, Netsky ou Charlotte de Witte

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