Interview : Ferry Corsten | DJMAG France - Suisse - Belgique

Rencontre avec l’un des DJs et producteurs les plus en vue de la scène trance.

2019 fut une nouvelle année bien remplie pour Ferry Corsten. Réalisation de la bande originale du film ‘Don’t Go’, tournée aux quatre coins du monde, 600eme épisode de son show radio et sortie de plusieurs singles remarqués, l’artiste hollandais aura été sur tous les fronts. Un beau programme qui lui a d’ailleurs permis de gagner 16 place au Top100DJs, s’installant désormais à la 59e position. Une nouvelle preuve de la longévité de l’artiste qui a toujours su rester fidèle à sa ligne directrice et se faire l’un des meilleurs ambassadeurs de la scène trance depuis ses débuts dans les années 90. Loin de s’arrêter en si bon chemin, Ferry Corsten a conclu 2019 avec ‘I Am You’, un nouveau titre réalisé aux côtés de Gabriel & Dresden et sous l’égide de UNITY, le projet collaborateur de Ferry Corsten qui vise à réunir les plus grands noms de la trance. Désormais, c’est vers 2020 que le DJ et producteur tourne son regard. Une nouvelle année qui s’annonce tout aussi riche que la précédente et qui pourrait bien être celle d’un nouvel album.

Tu as commencé ta carrière au début des années 90. Quel est ton secret pour rester au sommet à travers le temps ?

Je crois que c’est de bien connaitre ta force et d’y rester fidèle. La trance n’est pas toujours le genre le plus populaire mais en sachant que c’était ma force, j’ai pu garder un pied dedans et un pied en dehors. Je peux aller voir quel est le genre populaire en ce moment et me demander si ça me plait. Si ça ne me plait pas je m’en éloigne et si ça me plait, j’essaie de se faire rencontrer les genres. C’est ce que j’ai toujours fait.

Comment vois-tu l’évolution de la trance ces dernières années ?

En ce moment on est vraiment à un point très intéressant. Je vais être honnête, la trance a des gens fabuleux qui la suivent et la soutiennent. Mais la musique en tant que telle, elle a besoin que quelque chose se produise. Quelque chose d’excitant. Aujourd’hui c’est un peu toujours la même chose et c’est le cas depuis un moment déjà. Pour comparer, on voit de plus en plus de gens de la techno qui viennent prendre les gros tubes trance et qui jouent avec. Je trouve ça très intéressant et c’est un bon exemple pour la trance. Quitte à que ce soit scandaleux pour certains fans, il faut que quelque chose se passe pour provoquer une réaction.

Est-ce que tu penses que la trance était mieux avant ?

Oui totalement. J’ai une théorie très simple sur cette question. Je ne sais pas si c'est la vérité mais c'est ma théorie. Je vais me prendre en exemple mais ça marche pour toute la trance des années 90. A l’époque je n’écoutais pas de trance parce qu’il n’y avait pas vraiment de scène trance. Donc quand j’ai fait ces morceaux, j’ai juste fait ce que je pensais être bien. Je n’avais pas d’exemple de ce qui avait été fait avant. Mais maintenant, les gens qui font de la trance ont grandit en en écoutant. Donc leur esprit est déjà formaté sur ce que devrait être un morceau trance. La trance d’avant était influencée par la musique des années 80, par l’italo-disco et des choses comme ça, là où la trance d’aujourd’hui est influencée par de la trance. Je crois que c’est la grosse différence.

En France, la trance n’a jamais connu le même succès qu’elle peut avoir dans des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. En tant qu’artiste étranger, quel est ton regard sur la scène trance française ?

J’ai joué seulement trois ou quatre fois en France dans toute ma carrière. J’ai joué au Queen, au Cap d’Agde et une ou deux autres dates. J’ai toujours entendu que la trance ne correspondait pas vraiment aux goûts français. Pourtant j’ai de nombreux fans français et ils sont très passionnés mais c’est vrai que la plupart du temps c’est eux qui viennent à moi et non l’inverse. Mais récemment je faisais une interview avec une radio française et ils me disaient qu’il y avait tout un mouvement trance underground qui renaissait à Paris donc j’ai été positivement surpris de découvrir ça.

La trance connait aussi un regain d’intérêt grâce à des artistes comme Armin van Buuren qui mixent la trance avec des sonorités plus EDM. Comment vois-tu ce genre de mélanges ?

Je crois que c’est bien. Pour comprendre un morceau trance, il faut parfois une écoute plus attentive que pour d’autres styles. Donc parfois c’est aussi bien qu’un son plus commercial déclenche chez certains une envie de découvrir la trance. Et une fois qu’ils commencent à être familiarisés avec ça, ils explorent et découvrent les autres artistes et les autres courants qui constituent ce genre. Donc c’est positif.

En 2019, tu as réalisé la bande originale du film ‘Don’t Go’. Comment s’est passée cette expérience ?

C’était incroyable et très inspirant. En faisant des titres trance tu joues déjà avec les émotions. Donc c’est presque automatique de se dire « si je peux faire des morceaux trance alors je peux faire des morceaux pour un film ». Mais en fait ce n’est pas si simple que ça. Quand tu commences à composer pour un film, les choses changent énormément. Tu reçois un premier découpage du film, tu fais tout en fonction de ça et 15 découpages plus tard tout est différent et il faut presque tout recommencer. Donc c’était très difficile mais aussi une super école pour moi.

Est-ce qu’il y a un style de film pour lequel tu rêverais de composer une bande originale ?

J’y pensais justement. La bande originale que j’ai faite était pour un thriller psychologique donc un film assez sombre. Ce qui marchait assez bien avec ma musique mais je pense que de la science-fiction ce serait pas mal aussi.

Quelle est la suite pour toi maintenant ?

Je commence à travailler sur un nouvel album. Donc j’en suis à l’étape où je me demande ce que je veux faire, quelle direction je veux prendre, etc. En ce moment c’est beaucoup de recherches.

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