Interview : Toxic Avenger nous parle de la B.O de 'Mutafukaz' | DJMAG France - Suisse - Belgique

Ce mercredi sort en salle l’un des films d’animation les plus attendus de l’année : ‘Mutafukaz’. Tiré de la B.D éponyme, ce long métrage dispose d'une bande originale électro taillée sur mesure par un spécialiste du beat : Toxic Avenger.

'Mutafukaz' a des allures de manga Made in France dont l’histoire se déroule sur une West-Coast américaine fantasmée. Prolongement de la B.D du même nom (signée Guillaume Renard, alias Run) le long-métrage, qui sort en salle ce mercredi 23 mai, est particulièrement attendu des fans. Si Gringe et Orelsan ont prêté leur voix aux personnages principaux du film, Toxic Avenger s'est appliqué à composer une bande originale sur mesure, en compagnie de Guillaume Houzé. Récompensée au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, cette B.O aux contours Electro devrait faire des émules... Interview.


Cela a été un vrai défi de faire en sorte que tout s’enchaîne avec fluidité.


Comment as-tu été choisi pour faire la B.O de Mutafukaz ? 

Run et moi avions une amitié commune : Mike Tsuchinoko, qui a fait la pochette de mes 3 précédents maxis ('Globe vol. 1, 2 et 3'). Run cherchait le compositeur de la musique de son film, et Mike nous a mis en contact, persuadé que nous nous entendrions bien !

Pourquoi avoir travaillé en binôme avec Guillaume Houzé sur ce projet ? Vos compétences sont-elles complémentaires ? 

Oui, le film à deux facettes, sa musique aussi : un côté très énergique, moderne, incarné par la musique électronique, et un côté film noir, années 50, qui avait besoin d’être incarné par une bande son plus classique, d'inspiration Hermannienne.

Avez-vous eu carte blanche ou avez-vous dû répondre à un cahier des charges précis ?

De fait, il y a forcément un cahier des charges : le film ! Mais au final, je dirais que c’est 50/50. J'ai eu l'impression de pouvoir beaucoup donner de mes idées, qui n’étaient pas forcement celles de Run au départ.

Quelles ont été les principales contraintes auxquelles vous avez fait face dans la composition de cette B.O ? 

Le timing ! A titre d’exemple, il y a une scène de poursuite avec un camion de glaces lors de laquelle on entend simultanément la mélodie de ce dernier et la "musique de poursuite", à mesure que la caméra oscille entre le camion et les poursuivants. Il a fallu trouver le bon tempo, pour que tout cela se fasse en étant lié, sans aucune interruption, ce qui pour moi a été un tour de force. Je ne sais pas si ça l'est vraiment, mais à titre personnel, ça a été un vrai défi de faire en sorte que tout s’enchaîne avec fluidité.

Tu es aussi réputé pour tes compositions sonores au profit de jeux vidéo comme ‘Furi’.Y a-t-il des points communs entre le cinéma et le gaming ? 

Non, pas vraiment. Composer de la musique pour ce jeu video était une expérience très différente car elle était évolutive. Je m'explique : dans ‘Furi’, le personnage est contrôlé par le joueur, qui gère ses déplacements. Il fallait que la musique suive leur intensité. L’approche d’un danger ou non se traduisait par une musique plus intense ou plus calme. J’ai donc travaillé des morceaux de trente secondes ou une minute, qui se liaient pour pouvoir faire évoluer la musique au besoin ! C'est donc très différent que de composer la musique d'un long-métrage.

L’univers de ce film d’animation est inspiré de la West Coast américaine. La scène hip-hop locale vous a t-elle influencés dans votre approche ? 

Un peu, forcément. Mais globalement, la Californie est très inspirante. Nous nous y rendons souvent Run et moi, nous avons donc une bonne connaissance du coin.

Orelsan et Gringe prêtent leur voix aux deux personnages principaux. Ont-ils participé de près ou de loin à la confection de la bande-son ? 

Non, ils sont uniquement là pour les voix ! Mais c’est déjà pas mal…

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