Depuis un quart de siècle, le duo Chocolate Puma s'acharne à secouer nos dancefloors de sa House fédératrice et avant-gardiste. Entretien avec ces deux DJ's à l'influence incontestable.

Il faut remonter à 1993 pour retrouver le premier succès ('Give It Up') du duo, sorti sous l'un de leur alter-ego The Good Men. DJ Zki et Dobre, plus connus sous le nom de Chocolate Puma, font partie de ces légendes vivantes de la House Music. Non seulement aux Pays-Bas, où ils ont donné envie à toute la nouvelle génération de DJ-producteurs "Future-House" (Oliver Heldens en tête) mais aussi partout dans le monde. L'énergie des deux néerlandais, qui étaient de passage l'été dernier à notre Pool Party en opening du festival Electrobeach, est intacte. Retour sur leur carrière, les leçons à en tirer et leur vision de l'industrie actuelle. 


Il y a 25 ans, nous avons commencé avec un équipement miteux, plutôt fragile. Il ne s’agissait que de hardwares avec des pelotes de fils un peu partout...


Vous fêtez vos 25 ans de carrière. Quelle est la valeur la plus importante que vous ayez apprise durant tout ce temps ?

Dobre : Pour être apte à faire du son pendant vingt-cinq ans… Vous devez vraiment aimer ce que vous faîtes et vous épanouir. Pour tout ce que nous produisons, nous nous posons les bonnes questions : ‘Est-ce que l’on aime ça ?’, ‘Est-ce qu’on vient de créer quelque chose de dingue ?’. On se répond honnêtement et on fait en sorte d'être satisfaits dès le départ. Sinon, nous ne nous engageons pas. Nous ne sortons pas de tracks avec lesquels nous n’avons pas d’affinités, tu vois. Nous voulons vraiment publier des musiques que nous aimons écouter et que les gens aiment entendre. Du coup, nous ne sommes pas dans une optique de ‘randomising’… Nous essayons de faire la musique la plus lourde et qualitative possible et, de cette manière, nous pouvons encore travailler ensemble, même vingt-cinq ans plus tard.

Comment approchez-vous la House 25 ans plus tard ? Qu’est-ce qui a vraiment changé ?

DJ Zki : Premièrement, la qualité de la musique. Il y a vingt-cinq ans, nous commencions avec un équipement miteux, plutôt fragile. Il ne s’agissait que de hardwares avec des pelotes de fils un peu partout… Si vous écoutez les tracks que l’on produisait à cette époque – et aussi ceux des autres artistes – vous sentez forcément une qualité bien différente de celle proposée aujourd’hui. Et particulièrement pour la musique électronique. Toutes les techniques du monde se sont améliorées de mieux en mieux au fil des années et c’est une chose importante.

Dobre : Internet a aussi vraiment changé la donne puisque ça a permis une connexion entre tous les acteurs du milieu. Déjà, c’est un changement majeur, puis le web a permis également le partage des technologies et leur évolution. Et comme tu le disais, la qualité du son s’est vraiment améliorée. Pourtant, quand j’entends certains tracks actuels, je n’arrive pas à entendre cette petite vibe ancienne… C’est dommage. Parfois, c’est comme si l’on savait faire des sons incroyables mais que l’on oubliait la façon dont il faut les jouer.

 

 

En un quart de siècle de carrière, vous avez dû vivre plus d'un moment marquant... Quels souvenirs ont vraiment pu vous influencer dans votre attitude ? 

DJ Zki : Il y en a tellement… Les années passent si vite. Aujourd’hui a beau être un bon souvenir, si vous jouez demain dans un autre lieu, vous pouvez oublier la veille assez vite. (rires)

Dobre : Moi, je pense à quelque chose en particulier. C’est quand nous avons sorti ‘Give It Up’ sous The Good Men, en 1993. Le titre a vite connu un grand succès et était joué par d’autres DJ’s connus. Nous avions la démo d’un remix que nous avions fait et nous l’avons emmené dans les meilleurs clubs d’Amsterdam. Un soir, nous l’avons donné au DJ qui mixait cette nuit-là… Je peux me rappeler du public qui était complètement fou, qui se donnait à fond sur notre morceau. C’était un véritable honneur, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. C’est vraiment un très bon souvenir. Et peut-être, récemment, au Canada. C’est un très bon pays pour nous. On y a joué il n’y pas a pas longtemps et c’était sans doute l’un des meilleurs sets que nous ayons pu faire… L’énergie était tellement intense et les gens réagissaient tellement… bien ! On a fait vraiment beaucoup de shows mais le Canada était marquant.  

Vous avez collaboré avec tellement de gros artistes, comme Moksi qui monte décidément très vite… Comment s’est passé cette collaboration ?

Dobre : Déjà, nos jeunes compatriotes sont d’excellents producteurs… Et aussi les mecs les plus cool de tous les temps. Donc, je pense que quand vous avez deux excellents producteurs sympas dans le même studio, vous ne pouvez pas prendre le mauvais chemin. L’alchimie s’est vraiment bien faite et on est content d’avoir sorti ‘Hippo’.

Vous qui devenez de plus en plus adeptes de Bass-House, comme le prouve cette collaboration avec Moksi, que pensez-vous de ce mouvement qui devient de plus en plus populaire ?

Dobre : L’énergie de la Bass-House reste toujours fun, toujours robuste et en plus, elle n’effraie pas les filles… (rires). Comme tu as pu le voir, on vient d’en jouer à votre Pool Party et le mood de la foule était vraiment bon. C’était un set très transpirant (rires) ! Le public français était d’ailleurs super réactif et impressionnant, avec tout ce monde dans la piscine, sur la terrasse, partout… On n’avait pas besoin d'effets spéciaux. Le public était ce ‘special effect’. C’était un bon moment et je pense que Zki est d’accord avec moi pour dire qu’on a très bien vécu ce set !

DJ Zki : Oui, c’est toujours un plaisir de voir autant de retours positifs quand vous jouez vos propres musiques ! C’était très bon. 

Photo : Chocolate Puma à notre Pool Party DJ Mag, Port-Barcarès, Juillet 2017. ©Patandpatate

Articles en relation

Commentaires