Interview : The Avener | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le succès commercial de l'album de The Avener rappelle les plus belles heures de la French-Touch. Voici l'interview que nous avons publié dans notre magazine début Février...

Originaire de Nice, The Avener a signé l'un des plus gros succès de l'année 2014. 'Fade Out Lines' a conquis le public, dans la lignée de Robin Schulz. Composé fin 2013, ce titre reprend les ingrédients folk et la voix singulière de Phoebe Killdeer. En pleine tendance, ce rework bien ficelé a permis à ce trentenaire français d'être signé en major et de sortir un premier album, dont le concept est avant tout de remettre au goût du jour certains de ses plus gros coups de coeur musicaux, de John Lee Hooker à Kadebostany... Et la recette cartonne puisque 'The Wanderings of The Avener' est un vrai succès commercial, désormais relayé par les médias de masse et les festivals...


Ce n'est pas juste du sampling.

Suite au succès de ton single 'Fade Out Lines', tu viens de sortir ton premier album. Comment as-tu abordé cet exercice périlleux ?

Mon album reflète ce que j'écoute depuis des années. Souvent, j'avais envie d'insérer des titres dans mes sets mais ils n'étaient pas compatibles. J'ai commencé à créer des Edits en ce sens, pour mes propres DJ sets et puis ça a pris. Cet album s'apparente donc à des reworks, avec un soucis de modernité dans mon approche studio. Ce n'est pas juste du sampling. J'ai vraiment tenu à ré-interpréter certains de mes coups de coeur.

Te retrouves-tu un peu dans la même démarche que Robin Schulz ?

Oui, je n'en suis pas loin, mais j'ai choisi de remettre au goût du jour des morceaux plus anciens, qui ont, selon moi, plus d'âme et de sens par rapport à mon histoire personnelle. Je veux parler là de Rodriguez et John Lee Hooker. Ce que je fais n'est donc pas uniquement tourné vers le dancefloor. 

Il y a aussi Kadebostany, pour qui tu as composé une nouvelle version de 'Castle In The Snow', finalement peu éloignée de l'original... 

Je connaissais ce titre depuis longtemps. J'ai soumis à ma maison de disques l'idée d'en faire un remix. Avec l'accord du groupe, j'en ai livré une version mieux produite pour mettre en valeur le refrain et cette voix exceptionnelle, qui vaut Adèle à mon avis ! 

Tout est parti de 'Fade Out Lines', qui reprend un titre peu connu d'un groupe folk. A ce moment-là, j'imagine que tu ne pensais pas à l'album...

C'est sûr ! L'histoire remonte à Octobre 2013, quand le label indépendant 96 Musique a signé mon titre. Ensuite, il a fallu attendre plus de 7 mois avant qu'il n'y ait un vrai buzz. C'était long. Entre temps, j'ai donc continué à bosser en studio, à faire beaucoup d'autres Edits et reworks. Je me suis construit un capital d'une trentaine de titres, ce qui rendait donc la sortie d'un album possible. Au final, j'ai gardé 13 morceaux après deux mois de studio intensifs pour finaliser le projet à Paris.

J'avoue que j'ai longtemps rêvé de lâcher des drops devant 50000 personnes avant de me remettre en question.

Arrives-tu à expliquer le succès énorme de ce titre ?

La première fois que je l'ai mixé, c'était lors d'un Before dans un petit bar musical, dans une ambiance "after-work", en province. Je me souviens bien des réactions de la clientèle car il n'y avait pas plus de 50 personnes ce soir-là. Immédiatement, les gens ont sorti leur smartphone pour "shazamer" le morceau. C'était un signe mais je ne pouvais pas m'attendre à plus de 10 millions de vues sur Youtube, à devenir disque d'or en Allemagne et à sortir un album en major un an plus tard !

'The Wanderings of The Avener' est un album qui fait part belle aux instruments, aux samples, avec une dimension assez posée, presque nostalgique. Tu avais pourtant un passé de DJ avant cela. Comment analyses-tu ce changement de direction ?

J'avoue que j'ai longtemps rêvé d'EDM et de lâcher des drops devant 50000 personnes. Puis en grandissant, ma passion est devenue autre. Depuis deux ans, j'ai décidé de revenir aux sources car j'ai commencé le mix avec de la House sur vinyles, à l'époque des Masters At Work, des classiques Defected. Je me suis rendu compte que le public demandait une musique moins uptempo, moins froide. 

The Avener est donc un projet qui t'a redonné goût à la musique ?

Ce qui est assez drôle, c'est que j'ai volontairement cherché à m'éloigner de la musique au sens académique du terme. A 18-19 ans, mon délire, c'était l'électro pure et dure. Je sortais de dix ans de conservatoire et de piano classique, j'avais besoin d'autre chose. Avec le temps, je me suis rendu compte que le marché était saturé, qu'il y avait beaucoup de copiés-collés et que mon rêve était, en quelque sorte, inaccessible. Je me suis remis en question et j'ai repris du plaisir à faire de la musique, en ressortant des bons titres, tous styles confondus, et en les reprenant à ma sauce. J'ai eu la bonne idée de faire ça au moment où s'opérait un vrai retour des gimmicks et des mélodies au niveau international.  

Actuellement, ressens-tu un renouveau français à l'échelle internationale ?

Oui, complètement ! Il y a pas mal de jeunes frenchy qui ont la même démarche que moi : Synapson, Joris Delacroix... La House française revient sur le devant de la scène. Notre pays est à nouveau scruté de près. 

Articles en relation

Vidéos en relation

Commentaires