A la veille de sa nouvelle tournée européenne, Gramatik nous a accordé une interview pour évoquer son nouveau maxi, sa relation privilégiée avec ses fans, mais aussi son projet révolutionnaire de monnaie virtuelle...

Depuis quelque temps, Gramatik est un personnage incontournable dans le cercle des musiques électroniques. Anti-conventionnel, audacieux et adepte des fusions improbables, l'artiste new-yorkais conceptualise sa musique comme une philiosophie de vie, avec une attention toute particulière à la relation qu'il entretient avec son public. Attaché à son indépendance, ce self-made man va même lancer en novembre sa propre crypto-monnaie. Alors qu'il débute ce samedi à Lyon une nouvelle tournée européenne (voir les dates), on a voulu en savoir plus...


Mes tokens GRMTK sont plus qu’une devise virtuelle. C’est une manière de partager mon modèle économique avec mes fans.


Un demi-million de fans sur Facebook, pareil sur Soundcloud... Pensais-tu que ta musique te permette de venir à ce point populaire un jour ?

Honnêtement, j’ai toujours eu cet objectif mais je ne pensais pas que ça m’arriverait. C’est très dur d’atteindre un tel niveau de popularité sans l’appui d’une grosse maison de disques. Quand j’ai commencé à sortir de la musique, il y a dix ans, je ne savais pas où j’allais. De nos jours, c’est un peu plus facile de trouver les artistes indépendants sur Internet, même si le nombre d’artistes et de contenus mis en ligne chaque jour est vraiment dément. Chaque jour, je mesure à quel point j’ai eu de la chance de pouvoir émerger par mes propres moyens, car l’industrie musicale est sans pitié pour les artistes indépendants.


L’industrie musicale est sans pitié pour les artistes indépendants.


Tu voyages partout dans le monde et tu débarques en France pour quelques dates. Les Français sont-ils bien réceptifs à ta musique ?

Carrément ! Je dirais même que le public français fait partie des meilleurs pour les artistes comme moi. Mon mélange entre EDM, Funk, Soul et Hip-Hop plaît beaucoup aux Français je crois. Il y a une vraie compréhension et un niveau d’énergie très élevé sur ma musique ici en France. Cela fait 5 ans maintenant que je fais des concerts en France, qui est devenu même mon deuxième plus gros territoire après les USA. Cela me rend heureux car la scène Electro française a joué un rôle crucial dans ma construction artistique (Daft Punk, Justice…).

Est-ce que c’était un challenge pour toi de donner une touche Balkan à ton dernier single ‘Aymo’ ? Est-ce que c’est une orientation que tu comptes reproduire, penses-tu que tes fans vont adhérer à cette nouvelle fusion ?

Ce n’était pas du tout un challenge vu que je suis originaire des Balkans. Toutes mes racines familiales se situent dans la région des Balkans, de l’actuelle Slovénie à la Macédoine. Cette musique traditionnelle est donc un peu ma Pop Music à moi. Ce n’est pas d’ailleurs la première fois que j’infuse les sonorités Balkan dans mes titres. Je l’avais fait sur ‘The Drink Is Called Rakija’, ‘Balkan Express’, ‘Blood Ties’ et ‘Oriental Job’. Mes fans adorent ce genre de fusions, surtout en Europe, ça les rend dingues. Vu que la musique des Balkans est ancré dans mon ADN, c’est vraiment une démarche naturelle pour moi…

Peux-tu nous en dire plus sur ton nouveau maxi ‘Re:Coil EP Pt. I’ annoncé pour le 20 Octobre ?

Il y aura 6 titres dessus, dans des vibes bien différentes. C’est un résumé de tout ce que j’ai pu faire jusqu’à présent. La suite (Part II) sera disponible en début d’année prochaine. 


J’aborde chaque chanson comme une occasion rêvée de faire toujours mieux.


Est-ce que ce nouvel EP reflète ta vision actuelle des musiques électroniques ?

Oui, très clairement. Ce maxi résume bien ma créativité du moment tout en assumant les différents genres que j’ai eu l’occasion d’exploiter depuis mes débuts. C’est très musical et efficace à la fois, avec un dosage que j’ai perfectionné toutes ces années. Je suis assez perfectionniste et je ne suis jamais assez content de moi mais c’est aussi à ça qu’on reconnaît un artiste, je crois. J’aborde chaque chanson comme une occasion rêvée de faire toujours mieux. Ce sera peut-être comme ça jusqu’à ma mort… (rires)

 

 

Trouves-tu que les gens sont plus ouverts d’esprit de nos jours ?

Sans aucun doute. Les gens grandissent et évoluent au rythme des sorties de leurs artistes préférés. C’est notre devoir d’éduquer les fans et de les aider à devenir plus matures dans leur rapport avec la musique. Il faut qu’il y ait une sorte de symbiose entre les auditeurs et les artistes, que nous les inspirions et que eux nous renvoient la balle. La musique est un cercle vertueux. Pour ma part, il me rend vivant. Mes fans ont toujours été ouverts d’esprit car j’ai toujours été franc avec eux sur mes opinions, mes croyances, ma philosophie de vie. C’est ce qui fait que le lien entre eux et moi est aussi fort, il va bien au-delà de la musique en elle-même.


J’aimerais que la musique électronique devienne un genre musical au service de la science.


Tu t’apprêtes à devenir le premier artiste à lancer ta propre monnaie virtuelle. Le lancement est prévu début Novembre, peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ?

Je ne serais rien sans le soutien de mes fans et les avancées technologiques offertes par Internet, qui me permet d’être en relation permanente avec eux. Le public est au coeur de mon existence, de mon succès et de mon inspiration. Je lui dois tout. Alors quand j’ai découvert la technologie Blockchain et les applications SingularDTV, j’ai tout de suite compris que j’allais pouvoir leur rendre une part de ce qu’ils me donnent. J’ai donc décidé de lancer ma propre devise, sous forme de tokens GRMTK. C’est plus qu’une devise virtuelle, c’est une manière pour mon public de partager mon modèle économique à travers ma musique et tout ce que je vends. Si une personne détient 100 tokens, elle détient l’équivalent en royalties du projet en question. Ce système va me permettre d’intéresser mes fans à mes projets futurs, ce sera comme un carburant pour ma musique, mes clips, mes court-métrages… Cet environnement va aussi me servir à financer d’autres artistes de manière directe, sans aucun intermédiaire défavorable aux artistes. Je vais partager les droits et les royalties de mes oeuvres, avec la volonté derrière tout ça de véhiculer de vraies valeurs et un nouvel idéal culturel.

Si tu devais formuler un seul souhait pour l’avenir de la musique électronique…?

J’aimerais que la musique électronique devienne un genre musical au service de la science. Une bande son au service du progrès scientifique et de la recherche. C’est super de voir que l’EDM est une musique de fête mais ça peut être bien plus que ça. On peut lui donner beaucoup plus de sens et ça peut devenir une source d’inspiration majeure pour les esprits brillants qui dédient leur vie à rendre le monde meilleur.


GRAMATIK en France 

  • 14.10. Lyon (Radiant Bellevue)
  • 18.10. Nancy (Nancy Jazz Pulsation)
  • 20.10. Fontenay
  • 21.10. Paris (Zénith) 
  • 22.10. Limoux (Festival Les Bulles Sonores)

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